Archives pour la catégorie Cinéma

1998. Akira Kurosawa, le maître du cinéma japonais décède à l’âge de 88 ans, quelques semaines seulement avant le début du tournage de son dernier film. Son équipe décide cependant de tourner le film afin de terminer son travail et lui rendre ainsi un dernier hommage ; c’est Takashi Koizumi, l’assistant-réalisateur de Kurosawa depuis 25 ans, qui se charge de la réalisation, étant a priori le plus à même de respecter la vision du cinéaste disparu. Quand la simplicité se pare d’une humble beauté… Quelques mots qui traduisent avec finesse le sentiment d’humanité qui ressort de l’oeuvre posthume d’Akira Kurosawa : Après la pluie.

Après la pluie – 1ère partie

Saya Zamuraï

Depuis un drame personnel, le samurai Kanjuro Nomi refuse de combattre et erre avec sa fille, Tae. Traqué par des chasseurs de primes, il est capturé et un défi lui est lancé : chaque matin, pendant trente jours, il devra proposer un sketch au fils du seigneur local, réputé pour son mutisme maladif, afin de le faire rire ou sourire. S’il n’y parvient pas, Nomi devra pratiquer le seppuku. Hitoshi Matsumoto s’est imposé comme le plus original des cinéastes japonais. Son humour sarcastique et son talent hallucinant – parfaitement servi par un acteur amateur et lunaire, Takaaki Nomi – finissent même par rappeler irrémédiablement les auteurs comiques les plus illustres, de Chaplin (pour la tendresse) à Keaton (pour la mélancolie), en passant par les Marx Brothers (pour l’absurdité).

Saya Zamuraï – Hitoshi Matsumoto (2012)

L’île nue

L’Île nue (Hadaka no shima) est un film japonais en noir et blanc sonorisé mais sans dialogues réalisé par Kaneto Shindô, sorti le 23 novembre 1960. Au Japon, sur une minuscule île de l’archipel de Setonaikai, un couple vit avec ses deux jeunes enfants. La terre est aride et l’île ne possède pas de ressource en eau douce. Pour cultiver cette terre ingrate et survivre, le couple est donc obligé de faire de continuels voyages en barque entre la terre ferme et l’île : ramener l’eau précieuse et en arroser avec attention et parcimonie chacun des plants cultivés. Ces gestes renouvelés sans cesse rythment le quotidien. Les jours passent, puis les saisons. Un jour, alors que les parents sont partis chercher l’eau, un des enfants tombe malade, sans raison. Il meurt rapidement sans que personne n’ait pu faire quoi que ce soit pour le sauver. Ses camarades de classe arrivent en bateau pour lui rendre un dernier hommage, puis repartent. Malgré un bref moment de révolte de la mère contre cette vie, le rituel reprend.

http://www.youtube.com/watch?v=ZygI8NqbjNM

L’Île nue – Kanedo Shindo

Cannes 2011

Deux films japonais, très différents l’un de l’autre, sont en compétition cette année au festival de Cannes. “Hanezu” de Naomi Kawase est un film poème tourné dans sa région natale, Nara, également lieu mystérieux d’une ancienne capitale dont on sait peu de choses. A Nara, trois monts se toisent; ce sont deux montagnes-hommes convoitant la même montagne-femme. Et Kawase place au milieu d’eux leurs doubles humains, la  femme, le mari et l’amant, saisis dans leurs vies humbles, où la nature tient la première place. Le second film en compétition est “Ichimei” de Takashi Miike. Le sous-titre Hara Kiri, mort d’un samouraï donne une idée de l’histoire qui se déroule au 17e siècle. “Ichimei est une histoire littéralement poignante. Elle va très au-delà du 17e siècle et dépasse naturellement le milieu des samouraïs.

Hanezu – Naomi Kawase (2011)

Ichimei – Takashi Miike (2011)

Setsuko Hara

Setsuko Hara, née  le 17 juin 1920 à Yokohama dans la préfecture de Kanagawa est une célèbre actrice japonaise, l’une des premières à connaître une renommée internationale, jouant dans plus de 70 films de 1935 à 1963. Elle débuta sa carrière dans les années 1930, et apparaît notamment dans de nombreux films de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa et Mikio Naruse. Elle est le symbole de l’âge d’or du cinéma nippon des années 1950. Setsuko Hara a subitement stoppé sa carrière en 1962, et mène depuis une vie retirée à Kamakura (dans le quartier de Jōmyōji), refusant d’être photographiée ou d’accorder la moindre interview.

Setsuko Hara – The most beautiful smile