Archives pour la catégorie Estampes

Henri Rivière

Henri Rivière (1864-1951) fut l’un des pilier du Japonisme. Ce mouvement artistique, du dernier quart du XIXème siècle, est marqué par l’influence de l’art japonais sur les artistes français et européens, notamment l’Ukiyo-e auprès des peintres impressionnistes et cubistes. C’est l’ouverture du Japon au monde extérieur en 1868 avec l’ère Meiji qui a permis cet engouement.  Les principaux artistes japonais qui influencèrent les artistes européens étaient Hokusai, Hiroshige et Utamaro. Des artistes très peu reconnus au Japon car produisant un art considéré comme léger et populaire par les élites japonaises de l’époque. Collectionneur et passionné d’art japonais, Henri Rivière ne se contente pas d’imiter. Il reconstitue et reproduit la technique des xylographies japonaises. Il cherche à atteindre une maîtrise parfaite, il réalise lui-même ses outils et va jusqu’à acheter du papier japonais ancien. Entre 1884 et 1916,  Henri Rivière  séjourne chaque année en Bretagne, durant plusieurs mois. Saint Briac, Lancieux, Saint Cast, Perros Guirec, Ploumanach, Douarnenez, Tréboul, Loguivy, l’embouchure du Trieux, Bréhat, Morgat … lui inspirent quantité d’estampes, de lithographies et d’aquarelles. Une exposition est consacrée à Henri Rivière au musée d’art et d’histoire de Saint Brieuc jusqu’au 13 mai 2012.

Henri Rivière  –  Chant de Yann Fanch Kemener

Technique de l’Ukiyo-e

Les épreuves d’estampes ukiyo-e sont produites de la manière suivante :

  1. l’artiste réalise un dessin-maître à l’encre, le shita-e
  2. l’artisan graveur colle ce dessin contre une planche de bois (cerisier ou catalpa), puis évide à l’aide de gouges (marunomi) les zones où le papier est blanc, créant ainsi le dessin en relief sur la planche, mais détruisant l’œuvre originale au cours de ce processus
  3. la planche ainsi gravée ( planche de trait) est encrée et imprimée de manière à produire des copies quasiment parfaites du dessin original
  4. ces épreuves sont à leur tour collées à de nouvelles planches de bois, et les zones du dessin à colorer d’une couleur particulière sont laissées en relief. Chacune des planches imprimera au moins une couleur dans l’image finale. Ce sont les « planches de couleurs »
  5. le jeu de planches de bois résultant est encré dans les différentes couleurs et appliqué successivement sur le papier. Le parfait ajustement de chaque planche par rapport au reste de l’image est obtenu par des marques de calage appelées kento. L’encrage est obtenu en frottant le papier contre la planche encrée à l’aide d’un tampon baren en corde de bambou

 Keizaburo Matsuzaki, originaire de Arakawa-ku à Tokyo, est imprimeur depuis l’âge de 15 ans. On le voit, dans cette vidéo, créer une impression d’une oeuvre d’Utamaro (Takashima Ohisa – la serveuse de salon de thé) en appliquant 17 couleurs avec un alignement parfait. La touche finale étant un saupoudrage de mica.

Keizaburo Matsuzaki -maître imprimeur

 

Suzuki Harunobu

Suzuki Harunobu (1725-1770 environ) était un artiste d’estampes japonaises (gravures sur bois), un des plus célèbres créateurs d’estampes ukiyo-e. Il était un innovateur, le premier qui produisit des estampes imprimées en de nombreuses couleurs, surnommées « estampes de brocart » (nishiki-e) en 1765, lesquelles surpassèrent par leur richesse les estampes ne faisant appel qu’à deux ou trois couleurs. Harunobu a employé beaucoup de techniques spéciales et a développé une grande variété de sujets, des poésies classiques aux beautés contemporaines. Comme beaucoup d’artistes de son époque, Harunobu a également produit un certain nombre de shunga, ou images érotiques.

Suzuki Harunobu

Hiroshige

Second slide-show du dessinateur,graveur et peintre japonais Utagawa Hiroshige. Les oeuvres présentées sont issues de la  série «Les Cinquante-trois Stations du Tokaido». La route du Tokaido, reliant la capitale du shogun, Edo, à la capitale impériale, Kyoto, est l’axe principal du Japon de l’époque. C’est également la plus importante des « Cinq Routes », les cinq artères majeures du Japon (Gokaido), créées ou développées pendant l’ère Edo pour améliorer le contrôle du pouvoir central sur l’ensemble du pays.

Hiroshige – Les Cinquante-trois Stations du Tokaido

Kawase Hasui

Kawase Hasui (1883-1957) est un peintre et illustrateur japonais travaillant dans la technique de l’estampe, célèbre surtout pour ses paysages. C’est un des artistes les plus prolifiques et talentueux du mouvement « Shin-Hanga » ou renouveau pictural. Ce mouvement est né sous l’égide de l’imprimeur Watanabe Shozaburo à Tokyo dans les années 1920 qui a édité près de 600 œuvres de Hasui. Une partie a été détruite dans le tremblement de terre de Tokyo en 1923. Hasui n’incorpore que peu la figure humaine. La plupart de ses estampes sont des paysages sans personnage, et celles qui en ont sont plus des silhouettes en nombre réduit. Ses personnages sont le plus souvent vus de derrière et sont placés au bord de l’image ou en arrière-plan. Leur isolement ajoute un sentiment de tristesse ou de mélancolie qui est typique de son style.

Kawase Hasui

Utagawa Kunisada

Kunisada UtagawaUtagawa Kunisada, 1786-1865), connu également sous le nom de Utagawa Toyokuni III est l’un des peintres d’ukiyo-e (estampe) les plus populaires du XIXe siècle, et aussi l’un des plus prolifiques et ayant le mieux réussi sur le plan financier, devant Kuniyoshi et Hiroshige. Il a notamment fait une illustration du Genji Monogatari (oeuvre majeure de la littérature japonaise) et des représentations d’acteurs de kabuki contemporains. Il est un maître incontesté de l’estampe sur bois.

Utagawa Kunisada